Le test de QI – WAIS IV

Comme je vous l’ai dit dans ma présentation, j’ai passé 2 bilans : un bilan cognitif avec un psychologue (comprenant le test WAIS) ainsi qu’un bilan personnalisé HPI auprès d’un consultant spécialisé dans la question de la douance.

Je vous parle ici du test WAIS IV (car c’est celui que j’ai passé) et vous parlerai du bilan personnalisé HPI dans un autre article à venir.

Qu'est-ce que le test de QI ?

Le WAIS IV

Le WAIS (ou Wechsler Adult Intelligence Scale ) est une échelle élaborée pour mesurer le quotient intellectuel (QI) des adultes (WISC pour les enfants de moins de 16 ans). En France, seuls les psychologues formés spécifiquement sont habilités à faire passer ce test psychométrique.

Il sert à situer le QI de la personne testée sur cette courbe :

Cette courbe de Gauss répartie statistiquement la population selon les résultats données au test. 50% de la population obtiennent des résultats entre 90 et 110.

Le contenu du test

Le WAIS IV mesure 4  indices :

  • Indice de compréhension verbale (ICV)
  • Indice de raisonnement perceptif (IRP)
  • Indice de mémoire de travail (IMT)
  • Indice de vitesse de traitement (IVT)

 

Pour chaque indice il y a deux subtests et éventuellement un autre complémentaire.

Les résultats

Un résultat est donné pour chaque indice.

S’ils sont homogènes, le Quotient Intellectuel total (QIT) est calculé. Sinon, on considère que les résultats ne permettent pas de donner un résultat.

Est considéré comme homogène un écart inférieur à 20 points entre les indices. On parle alors de HPI laminaire.

Dans le cas d’un résultat hétérogène, on parle de HPI complexe.

Mais ce n’est pas si simple et vous le comprendrez avec mon exemple.

De plus, les résultats dépendent de facteurs comme les dys, le stress, la fatigue, les stimulations dans notre enfance (notamment sur le langage)…

Le bilan cognitif

Les résultats du test WAIS ne se suffisent pas en eux-mêmes. Il fait partie d’un bilan cognitif.

Concrètement, le bilan s’est déroulé en 3 phases :

  • Un entretien avec la psychologue qui sert à déterminer les raisons de la demande de passation, l’identification de troubles ou autres éléments qui pourraient « fausser » le test, en tout cas, dont il faudra tenir compte (comme des dys, la maitrise de la langue pour les non natifs, des TDA…)… A l’issu de cet entretien, la psychologue détermine la pertinence ou non de passer le test.
  • Le test WAIS qui dure 2h.
  • Un entretien bilan au cours duquel la psychologue donne les résultats, les interprétations et répond à des éventuelles questions.

Mon cas

Hétérogène mais homogène

Au moment des résultats du test, je connaissais déjà la notion d’hétérogène et d’homogène. Et je fus surprise d’avoir un QIT alors que mes résultats semblaient hétérogènes.

C’est là tout l’intérêt de l’entretien bilan. La psychologue m’a alors expliqué pourquoi mon score était finalement homogène.

Il y a un subtest qui semble plus faible que les autres. Et au vu des autres résultats, ce score ne semblait pas cohérent. La psychologue m’a alors fait passé un subtest supplémentaire à cet item qui s’est révélé très correct.

Aussi, la psychologue m’a expliqué que ce type d’écart était fréquent chez ceux qui ont une vitesse de traitement dite « très très supérieur » car le balayage est parfois trop rapide donc certains stimuli passent à la trappe.

C’est comme le paysage qu’on voit défiler d’un train. Je vois les éléments mais certains détails peuvent m’échapper.

Mon avis sur le test WAIS

Je considère ici le bilan cognitif complet : Entretien, Test, Analyse

Pourquoi j'ai passé ce test ?

Honnêtement, je n’ai aucune raison autre qu’un besoin irrépressible de le passer et d’en avoir le coeur net. C’était physique, presque vital.

Si j’avais déjà pas mal lu sur le sujet de la douance, je ne m’étais pas plus renseignée que ça sur le test en lui-même. J’y suis allée sans vraiment savoir ce qui m’attendais et pour nourrir ma curiosité.

Les intérêts

Ce test n’est qu’un test et je pense qu’il ne faut pas chercher plus que ce qu’il donne.

  •  Il m’a permis de mieux comprendre mon fonctionnement cognitif. Alors il ne dit pas tout et il faut évidemment des ressources supplémentaires, mais j’ai trouvé intéressant de penser à mon fonctionnement en fonction des indices choisis. Certes, ces indices sont discutables mais ils donnent déjà un élément de réflexion.
  • J’ai aussi pris conscience de mes points forts et de leurs faiblesses.
  • La notion statistique m’a aussi aidé en partie à comprendre mon sentiment de décalage avec les autres. L’idée ici n’est pas de se sentir supérieur ou pas mais juste de constater que sur ces indices, il existe des différences, des écarts plus ou moins grands avec un nombre plus ou moins grand de la population.
  • J’ai aussi gagné en sagesse et en acceptation de l’autre. Je me surprenais parfois à dire des phrases du type : « Mais il le fait exprès ou quoi ? », « Si j’y arrive, il devrait y arriver. »… L’idée n’est pas d’être condescendant mais juste de comprendre que le mode de fonctionnement est différent. J’ai pris conscience que ce qui me paraissait « normal » ne l’était pas pour tous. 
  • J’ai aimé faire ce genre d’exercices et stimuler mon cerveau de manière différente qu’à l’habitude.

Les limites

  • L’échelle de Weschler est discutable sur bien des points. Tous les pays ne se basent pas sur la même échelle et les WAIS ne mesure pas le QI au delà de 160. 
  • Ce test ne rend compte que de certaines formes d’intelligence et ne prend, à mon avis, pas compte de la diversité des intelligences. Le choix des indices et leur mode de calculs sont discutables. D’ailleurs, le test WAIS évolue et on va passer à la 5e version au moment où j’écris ces lignes.
  • Le test ne s’attarde pas sur le mode de fonctionnement comme le raisonnement qui nous a conduit à un résultat. Aussi, lors du test sur la Mémoire de travail, j’étais plus focalisée sur la mise en place de stratégies de mémorisation (Est-ce que mémoriser les chiffres par 1, 2 ou 3 est plus efficace ?) que sur la mémorisation en elle-même.
  • Le test ne se suffit pas en lui-même. Il y a différents aspects comme la créativité, la structure cérébrale, les interactions avec les autres, l’empathie… qui ne sont pas abordés. Des recherches supplémentaires sont nécessaires. Les notions d’hypersensibilité, de sentiments de décalage, notre parcours scolaire, etc. sont abordés lors de l’entretien préalable mais ne sont pas développées. (En même temps, il serait bien prétentieux de prétendre me définir dans mon entièreté en 2h 😅😅😅)
  • Je pense aussi qu’on peut s’entrainer pour améliorer son score, en tout cas jusqu’à un certain point. 

Ma conclusion

Passer ou pas le test ?

Plusieurs personnes m’ont demandé s’ils devaient ou non passer le test. Ma réponse est courte et toujours la même : C’est à vous seul de le savoir (ou de le sentir) !

Est-ce que le test va vous donner la réponse à toutes vos questions ? NON

A quoi ça vous sert de passer le test ? Le test est une chose, l’identification en tant que HPI (dans son fonctionnement) en est une autre. Il y a des HPI qui sont bien dans leur peau et c’est très bien ! Si vous lisez cet article, vous vous posez surement des questions. Etre « diagnostiqué » zèbre, HPI, surdoué ou par tout autre vocable, peut permettre de mieux comprendre certaines notions. L’idée n’est pas de coller une étiquette (les poulpes n’aiment pas les étiquettes) mais d’avoir des mots pour définir des notions, pour mieux comprendre  ce que nous vivons et ressentons. Pour ma part, je me sens plutôt bien dans mes baskets mais j’ai besoin de réponses à mes questions. Et l’auto-diagnostique a ses limites. Dans tous les cas, il est toujours intéressant d’en discuter avec une personne qui a plus de recul sur la question que ce soit avec un psychologue ou une autre personne.

Ce test n'est qu'un test.

Il faut resituer le test dans son contexte. Les spécialistes ne s’accordent pas tous sur les définitions, les indices, les seuils, sur l’efficacité de ce test pour évaluer la douance… D’ailleurs, les spécialistes ne s’accordent pas non plus sur le vocable ni sur la définition de la douance. Pour cela, je vous conseille l’excellent livre de Nicolas Gauvrit, « Les surdoués ordinaires », PUF, 2014 ou une de ses conférences que vous trouverez sur Internet.

La notion d’intelligence aussi est toute relative et différents modèles se font face.

De plus les recherches sur cette questions sont relativement récentes. Et les données scientifiques sont rares. Les points de vue varient aussi selon les portes d’entrée : psychologue, neuro-scientifiques, statisticiens, spécialistes, personne HPI, (épi)généticiens, etc.

Bref ce test n’est qu’un test. Il mesure certains points dans un contexte précis. Rien de plus.

Pour ma part, il m’a apporté quelques réponses mais surtout ouvert de nouveaux horizons de questionnements. Il a donné de l’eau à mon moulin qui a soif de réflexions, de questionnements. Il a apporté un angle de vue et une approche différente. Je ne vois pas ces questionnements comme des prises de tête mais bien comme de nouveaux « jouets » à explorer.

Evidemment, cet article est plus qu’incomplet sur le sujet et je ne me pose pas en experte sur la question du QI. J’ai encore bien trop de questions à ce sujet : Y a-t-il des liens avérés entre le QI et certains modes de fonctionnement ? En quoi le QI influe ou pas sur ma perception du monde, ma manière de réfléchir ? Quels rapports entre les caractéristiques généralement attribués au HPI et le QI ? (oui, parfois, je ne vois pas de rapport et pourtant, on fait un lien implicite)…

La liste des questions est longue. Et ce n’est que le début du chemin. 

Vous trouverez dans ce blog mon cheminement dans cette aventure qui s’avère riche en rebondissement.

Et vous ? Avez-vous passé un test ? Et qu'en avez vous pensé ?
Dites-le en commentaire.

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Contactez-moi. Je vous répondrai dans les plus brefs délais.

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1 commentaire pour “Le test de QI – WAIS IV”

  1. Bonjour, je prends le temps d’écrire un commentaire car j’ai bien aimé votre approche au test. Elle (l’approche) est proche de ce que j’en ai pensé. Pour celles et ceux qui liront mon commentaire, sachez que le spy qui vous fera passer le test est d’une extreme importance. J’ai passé 2 tests à 6 ans d’intervalles. Le premier s’est mal déroulé et m’a laissé sur ma faim. Mon épouse m’a conseillé de passer le test à nouveau. Avec un profil hétérogène, ça fausse l’interprétation si le/la psy n’est pas un minimum compétent ou professionnel. Comment savoir si vous avez fait le bon choix? Mazette, si je le savais je monterai ma propre boite de conseil de psy pour faire passer les tests XD . Il est surtout important de ne rien attendre du résultat, mis à part un fonctionnement cognitif qui vous est propre. La compréhension de votre fonctionnement vous permettra ensuite d’adopter des outils adaptés à votre pensée. Vous l’aurez compris le second test s’est déroulé de manière bien plus convenable; je ne fais allusion qu’au processus du passage du Wais4 et non le resultat. Et si vous sentez du stress ou autre, c’est normal, tout le monde ne va pas passer le test pour les même raisons.

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